compilation gorge profonde maitresse angelik

Il avoit une antipathie naturelle contre la vérité car jamais pas une n'eût osé approcher de luy quand même elle eut été à son avantage sans se mettre en danger d'être combattue. Un peut juger qu'avec ces belles qualités il n'avoit pas manqué de devenir riche, et en même temps d'être tout à fait descrié ce qui avoit fait dire à un galand homme fort à propos en parlant de ce chicaneur, que c'estoit un homme dont 1.

Moland, publiée par MM. JI est bien vrai cependant que leurs biens ne s'élevaient en général ni aussi vite ni aussi haut que ceux de leurs confrères. Nous trouvons dans le Roman bourgeois l'estimation courante de ce que valait un greffier dans la hiérarchie et dans le monde. L'auteur de ce livre ingénieux nous a laissé une pièce fort originale sous le nom de Tariffe ou évaluatiov des partis.

Voici la table qui en fut dressé. Ainsi voilà, dans l'opinion du temps, la charge de greffier qui tire son homme d'entre le vulgaire et le place au troisième rang par l'importance de ses gains et de ses revenus. Mais il y avait plusieurs classes de greffiers, et bien au-dessus de l'avocat, du conseiller du trésor ou des eaux et forêts du substitut du 1. Le Roman bourgeois, ouvrage comique, par Antoine Furetière.

Nouvelle édition, chez P. Un marchant de soye, drappier, mouleur de bois, procureur du Chastelet, maistre d'hostel, et secrétaire de grand seigneur. Du reste, le bien eût-il été léger, on pouvait l'augmenter à force d'attention et d'économie.

Les greffières n'avaient pas à cette époque l'habitude et la réputation de faire de larges dépenses. Leur vigilance de ménagère allait quelquefois au delà des bornes d'une, honnête épargne. Telle, si nous en croyons Furetière ,3 avait coutume d'emporter la clef de l'armoire au pain, après en avoir taillé quelques morceaux qu'elle laissait à la servante et aux clercs pour leur souper.

Chez Dancourt, nous voyons les femmes du même rang accommoder ensemble et la lésine et l'art de paraître; il suffit pour cela de faire uu domestique d'un cousin du mari et de mettre le clerc au service de la table. Sa première femme, Charlotte Bochard, accusée faussement par Brossette de mé1. Le nombre de ses enfants lui en faisait une nécessité. On peut donc dire que les liasses dont il se chargea si longtemps les bras lui furent moins utiles qu'elles n'auraient pu l'être.

C'était un homme d'une humeur douce et pacifique le fond même de son caractère semble avoir été la simplicité. Sans vouloir l'accuser d'avoir manqué de prévoyance à un moment où Despréaux n'avait encore donné aucune marque de son génie satirique, il se trompa beaucoup sur l'esprit de ses enfants. Il naquit en et mourut en La famille de Boileau remontait à Jean Boilcau, notaire, secrétaire du roi, anobli par des lettres de noblesse accordées à lui en septembre , ainsi qu'à maître Jean Boileau, son 1.

Voir l'épitaphe composée par Boileau pour sa mère. La Vie de Boileau-Despréaux Amsterdam, , p 9. Jusqu'à Gilles Ier, père de Jacques et de ISicolas Despréaux, la filiation se suivait sans aucune solution de continuité. Les Boileau avaient donc eu. Le père de Despréaux, simple dans ses habitudes, paraît n'avoir pas, s'il se croyait noble, attaché grande importance à son titre d'écuyer.

C'est à peine si, dans quelques actes, à son premier mariage , au baptême de son fils aîné , à un autre baptême fait en son absence et dans un village à quinze lieues de Paris, il prend ou se fait donner la qualité de noble. Ses fils semblent également s'être peu souciés de prendre d'autres désignations que celles de maître, monsieur ou avocat.

Lé surnom de Despréaux, donné à l'un d'eux, n'indiquait point un titre féodal, il ne désignait pas un fief; et, tiré, suivant Louis Racine, d'un petit pré qui était au bout du jardin de son père à Crône, il ne servait qu'à distinguer de ses autres frères celui qui le portait.

Toutefois, dans le reste de la famille, on se montrait plus fier et plus jaloux de cette qualité que Gilles avait l'air de dédaigner. Berriat-Saint-Prix ne voit plus figurer aucun des noms de ces nobles parents aux actes nombreux de baptême ou de mariage de Gilles et de ses enfants. Leur indignation dut s'accroître encore quand ils purent voir que les fils de Gilles ou ses filles, aussi bourgeois que leur père, consentaient à des 1. En effet, Anne et Charlotte épousent des procureurs en , et en ; Marguerite, un fils de tailleur d'habits; Jérôme, une fille de procureur, et, en , Geneviève accepte la main d'un commissaire examinateur au Châtelet.

C'en était assurément assez pour déshonorer une famille dont la généalogie comptait des conseillers de cours supérieures, des présidents et un premier président, sans parler des Bragelonne, des Gilbert et des Lyonne, et d'un prince de Rohan-Soubise allié aux Amelot, pour subvenir à sa triste indigence. Soucieux ou non de leur titre, il paraît que Gilles et ses fils, après lui, jouissaient des immunités de la noblesse.

Jusqu'en ils furent tranquilles dans la jouissance de ces priviléges. En , des commissaires généraux députés par le roi furent chargés de rechercher les usurpateurs du titre de noblesse, et de les faire rentrer dans la classe des contribuables. Gilles Boileau écuyer, conseiller du roi, trésorier, payeur de rentes de l'hôtel de ville de Paris, cousin du poëte Dtespréaux, avait même été condamné par défaut, le 21 décembre Bermat-Saint-Prix, Erreurs de Brossette, t.

Despréaux, ajoutent leur requête à celle de leur cousin et demandent qu'il plaise de les recevoir parties intervenantes en l'instance pendante entre ledit de Lacour-de-Beauval et le sieur Cilles Boileau. Ordonne que la somme de 2, livres que ledit Gilles Boileau avoit consignée lui sera rendue. Cette sentence, rendue par les commissaires généraux le 10 avril , terminait cette désagréable affaire et inspirait à Despréaux une satisfaction mêlée d'orgueil dont nous avons le témoignage dans une lettre écrite à son ami Brossette le 9 mai Pour mon affaire de la noblesse, lui dit-il, je l'ay gagnée avec éloge, et j'en ay l'arrest en bonne forme, qui.

Voici les noms des membres du bureau lui a rendu l'arrêt. Que cela ne vous arrive plus. L'examen de la procédure suivie dans toute cette affaire montre assez clairement que les juges ont eu pour Despréaux les dispositions les plus favorables. Pour instruire et décider le procès, les commissaires ne prirent pas plus de quinze jours ils se contentèrent de la production des titres sans les soumettre à une rigoureuse enquête.

Ils ne croyaient pas devoir moins faire pour un poëte qui avait la faveur du roi. Berriat-Saint-Prix remarque, en jurisconsulte, que la commission ne statue pas sur les dépens demandés, C de sorte qu'elle les refuse par là tacitement aux Boileau, JI on ne peut admettre que des hommes chargés par le roi de fonctions qui avaient alors une grande importance eussent passé sur une falsification de titres, si Despréaux en eut présenté, sciemment ou non, entachés de fausseté.

Cependant, en , les soupçons de l'ennemi de Boileau semblèrent confirmés par une révélation inattendue. Un célèbre faussaire, Haudiquier, fut condamné pour avoir fabriqué des titres. Or, dans le catalogue des familles pour lesquelles il avait travaillé, celle de Boileau se trouva comprise. On releva même dans ses papiers un mémoire de vingt louis reçus de Despréaux pour sa part du travail. Charles René d'Hozier et Clairembault affirment que le travail d'Haudiquier, récompensé par Boileau, aurait consisté en la falsification d'un contrat de mariage de l'an , pour lier les Boileau de Paris aux Boileau sieurs Dufresne, véritables descendants de Jean Boileau, anobli en Peu favorable à Boileau d'Alembert, à qui Foncemagne avait communiqué les notes de Clairembault, dit, avec autant de malice que d'esprit: Un juge bien payé verra plus clair que moi.

Éloge de Boileau, note lre. Si Boileau n'eût pas écrit la satire sur la Noblesse, s'il ne se fut pas raillé, dans une épigramme qui est restée une énigme, d'un gentilhomme sans naissance, nous ne nous serions pas arrêté sur cette question futile.

Nous aurions dit avec d'Alembert que la décision de ce problème ne touche en rien la mémoire de Despréaux, que c'était lui qui devait honorer ses ancêtres et répandre sur eux l'éclat que tant d'autres empruntent des leurs, ses ouvrages étant devenus son plus beau titre de noblesse. Mais n'est-il pas singulier que Despréaux, si longtemps modeste sur sa naissance et sur ses titres, se sente tout à coup pris d'amour et de fierté pour un rang qu'il n'avait pas toujours cru tenir dans la société?

Longtemps indifférent à la qualité d'écuyer, ne réclamant d'autres aïeux que des avocats on le voit tout à coup prendre le nom de Despréaux, qu'il n'avait jamais ajouté à celui de N. Boileau, entretenir et vouloir persuader Brossette de sa noblesse. Son esprit, si raisonnable et si sincère, n'avait-il pu résister à un mouvement d'inutile vanité? Toujours est-il qu'il avait un arrêt en sa faveur. S'il eût été moins convaincu de l'ancienneté de sa famille, peut-être se serait-il souvenu des railleries que son temps n'épargna pas aux bourgeois atteints du ridicule de vouloir être nobles.

Je ne scay si quelque remors de conscience des fautes de sa jeunesse lui faisoit prendre ce nom à injure; tant y a qu'il vouloit passer seulement pour gentilhomme, comme si ces deux qualitez eussent esté incompatibles, encore qu'il n'y eust pas plus de trente 1. Le Roman bourgeois par Furetière, p. Il s'estoit advisé de se piquer de noblesse dès qu'il avoit eu le moyen d'atteler deux haridelles à une espèce de carrosse toujours poudreux et crotté!

Boileau connut à peine sa mère; il avait dix-huit mois quand elle mourut. Son enfance fut, donc privée de ces doux soins que rien ne remplace. Boileau n'avait conservé de ces premiers temps de sa vie que de pénibles souvenirs, et plusieurs fois il répéta qu'il ne voudrait pas recommencer de vivre aux mêmes conditions.

Il lui avait manqué l'aimable sourire d'une mère. Je sais un paysan qu'on appeloit Gros-Pierre,. Ou croit avec quelque raison qu'il s'agit du même Charles Sorel, qui s'était fait appeler successivement De Souvigny et De l'Isle. Épouse d'un mari doux, simple, officieux,.

Brossette venait de perdre la sienne, et Boileau lui écrivait: Tout ce que j'ay à vous conseiller, c'est de vous saouler de larmes. Je ne sçaurois approuver cette orgueilleuse indolence des stoïciens, qui rejettent follement ces secours innocents que la nature envoie aux affligés je veux dire les cris et les pleurs.

Ne point pleurer la mort d'une mère ne s'appelle pas de la fermeté et du courage, cela s'appelle de la dureté et de la barbarie.

Il y a bien de la différence entre se désespérer et se plaindre. Le désespoir brave Dieu mais la plainte lui demande des consolations. La maladie attristait encore cette existence douloureuse. Boileau, dans son enfance, était pesant et taciturne. Ses jours s'écoulèrent dans une telle contrainte, qu'il ne pouvait plus tard entendre sans colère répéter que l'enfance est le temps le plus heureux de la vie. Boileau, comme c'était l'usage, commença de bonne heure ses études; ce fut au collége d'Harcourt, aujourd'hui le lycée Saint-Louis, qu'il fit ses premières classes.

Il avait à peine sept ans, puisqu'il était déjà à onze ans en quatrième. Lettre à Jlrosselte, 5 février Boileau l'avait déjà quitté interrompu dans son travail par la maladie de la pierre. Cette horrible affection, dont la science moderne a si heureusement modifié le traitement, est très-commune dans l'enfance, surtout chez les enfants pauvres dont la nourriture, souvent mauvaise et insuffisante, est surtout composée de végétaux ou de crudités.

L'écolier de quatrième dut subir la taille. L'opération, toujours facile à faire chez les jeunes enfants, qui en. Si Boileau fut, moins que beaucoup d'autres de ses contemporains ou amis, porté vers le plaisir, s'il vécut toujours sobre et réservé, n'en cherchons pas ailleurs la raison.

A quoi bon vouloir, avec llelvétius expliquer par un accident ridicule la disette de sentiment qui règne, suivant lui, dans tous les ouvrages du poëte, le célibat où il continua de vivre, sa satire contre les femmes, son antipathie pour Quinault, son épître sur l'amour de Dieu sa satire sur l'équivoque et enfin son aversion pour les jésuites, qui avaient apporté les dindons en France3?

Études sur la gravelle, par le docteur Raoul Leroy d'Étiolles; Paris, Voici l'étrange anecdote d'Helvétius: Dans sa chute, sa jaquette se retrousse; un dindon lui donne plusieurs coups de bec sur une partie très-délicate. Fondé secrète qu'il eut toujours pour les jésuites, qui les ont apportés en France.

C'est l'accident qui lui était arrivé qu'on doit peut-être sa satire sur l'équivoque, son admiration pour M. Arnauld et son épître sur l'amour de Dieu. Tant il est vrai que ce sont souvent des causes imperceptibles qui déterminent toute la conduite de la vie et toute la suite de nos idées.

Nous ne sommes pas sur que cette explication ne trouve pas aujourd'hui plus d'un partisan. Helvétius semble revivre parmi nous. Il est donc nécessaire de faire voir que cette historiette n'offre aucun caractère de vérité.

On l'y laissa près de trois ans. Un jour il voulut battre un dindon qui étoit en colère. L'animal furieux s'élança sur lui, le jeta par terre, et à grands coups de bec le blessa à l'endroit où le malheureux Abailard fut puni avec tant d'injustice et de barbarie. Tous les secours de l'art ne purent rendre au jeune Boileau les dons de la nature. En sorte qu'il se vit, presque en naissant, hors d'état de pouvoir jamais goûter les plaisirs de l'amour ou de l'hymen. Comme il ressentoit de temps en temps des douleurs à la partie par laquelle il n'étoit' pas un Achille, il découvrit son état à feu M.

Gendron, célèbre docteur en médecine de la faculté de Montpellier, dont il connoissoit les lumières et la probité, qui d'ailleurs étoit son ami, et qui a occupé après lui la maison qu'il avoit à Auteuil. Il fit promettre à ce médecin qu'il lui garderoit le secret sur un accident qui, tout tragique qu'il est, prête toujours à la plaisanterie. Il craignoit avec raison les épigrammes et les couplets de tant d'auteurs qu'il maltraitoit, et qui n'auroient pas manqué de l'attaquer par son endroit foible.

Gendron fut discret pendant toute la vie de son ami; et ce ne fut qu'après, sa mort qu'il apprit cette circonstance à feu M. Le Nain, intendant de Languedoc, qui l'a contée à une personne vivant à Paris et très-digne de foi, de qui je la tiens. Il eut souvent des hommes d'un grand mérite pour chefs ou pour professeurs. Crevier y enseigna la rhétorique, lîollin et Coffîn le portèrent à un très-haut degré de prospérité. Boileau y trouva un régent de troisième qui professait cette classe depuis cinquante ans; il se nommait Sévin.

Les Le Maître, les Gaultier, les Patru avoient étudié sous lui, et dès lors il leur avoit prédit la gloire qu'ils acquerroifnt un jour dans le barreau s'ils vouloient s'y attacher il fut aussi le premier qui reconnut dans son nouveau disciple un talent extraordinaire pour les vers, et qui crut pouvoir assurer sans restriction qu'il se feroit par là un nom fameux, quelque vice, de quelque dérangement dans l'économie animale.

Le grand Rousseau a si bien dit. Maigres, hideux' et blafards,. Pradon, en , dans sa réponse à la satire des femmes, disait à Boileau. Cependant rien ne peut faire accepter comme fondée la révélation de Gendron, qui l'aurait faite à Le Nain âge de treize ans, dit M. Berriat-Saint1 rix, dans le cas où ce médecin aurait en , aussitôt après la mort de Boileau, laissé échapper le secret que celui-ci lui avait confié. Les maîtres et les écoliers furent transférés, par lettres patentes du 7 avril , dans les bâtiments du collège Louis-le-Graud dont il prit le nom.

On peut bien croire que ce maître, quoique formé au milieu d'une génération dont les idées et le goût avaient vieilli au temps où nous en sommes arrivés n'offrait aucune prise aux observations malignes de son élève; car il ne l'eût certainement pas épargné plus qu'il n'a fait de son régent de rhétorique La Place. Ce souvenir d'écslier, malicieusement invoqué contre Perrault, nous fait regretter que l'auteur n'ait pas plus souvent rappelé ces petites scènes de collége où nous aimerions à retrouver, sous un récit piquant, quelques détails sur la méthode de ces anciens professeurs.

Voici un autre trait relatif à ce professeur. On lit ce qui suit dans les Papiers de Brosselle, publiés par M. Despréaux m'a raconté un trait de M. C'est la coutume qn'à la fin des classes les écoliers font une petite gratification à leur régent.

Ce professeur de rhétorique dont Boileau, dit Crevier, a jugé à propos d'immortaliser un trait ridicule, ne manquait pas de savoir, au jugement du même historien; il le gâtait cependant par la présomption et l'emphase. On n'a pas de peine à le croire quand on sait, par tous les témoignages de l'époque, à quel degré d'enflure était montée l'éloquence des'hommes de collége.

Il est à remarquer que Granger, le personnage ridicule de cette comédie, n'était autre que le principal du collége de Beauvais, Jean Grangier, lecteur et professeur royal en éloquence latine. Laplace lui avait succédé dans la chaire de rhétorique. LP Réflexion critique sur Longin. Histoire de l'Université, par Crevier, Paris, , t. Quelque différence qu'il pût y avoir entre les études que l'on faisait à Port-Royal et celles des autres colléges de Paris, on voit, par les mémoires de Louis Racine, à quels travaux on appliquait des jeunes gens de l'âge de Boileau.

Jean Racine, à quatorze ans, faisait des extraits grecs de saint Basile, écrivait des remarques sur Pindare et sur Homère. Boileau, qui n'était certes pas un savant, n'avait pas étudié avec moins d'ardeur les auteurs de l'antiquité.

Ce fut dans les premières années de sa jeunesse qu'il prit un goût si décidé pour les anciens, dont il devait plus tard être le courageux défenseur. Tandis que, de son côté, l'auteur d'Andromaque dévorait le roman grec des amours de Théagéne et de Chariclée car il l'apprenait même.

Ckevier, Histoire de l'Université, t. L'imagination échauffée par les scènes merveilleuses dont ces ouvrages étaient pleins, dès sa qua- trième, il entreprit d'écrire une tragédie. Dans la première scène, trois géants se querellaient. Un autre géant, le roi Grifalar, survenait pour les apaiser Géants leur disait-il , arrêtez-vous,.

JN'est-il pas bien digne de remarque que les meilleurs esprits du xviie siècle, formés dans cette lecture dangereuse des romans, aient, par leur solidité, triomphé des périls où pouvaient les entraîner de. M"B de Sévigné n'y perdit rien de son bon sens. Racine sut à propos se débarrasser de l'affectation de leur style précieux. La Fontaine y, amusa longtemps son imagination2 sans l'y gâter.

Dauivou, Vie de Iloiteau. En fait d'événements, Cléopâtre et Cassandre. Les premiers, ils l'attaquèrent avec résolution, et l'on peut dire qu'ils en achevèrent le règne. Rousseau dans son enfance. Il faut bien dire aussi que Boileau tempérait par des études plus sévères l'influence de ses lectures romanesques.

Les imitations nombreuses qu'il a faites d'Horace, de Juvénal et de 1. Perse montrent combien il était familier avec les satiriques latins. Un instant, en , une publication intéressante put faire croire qu'on avait mis la main sur un monument de ces premiers essais du satirique français. Parelle excita une vive curiosité parmi les hommes occupés des études. On se promettait en effet de voir une traduction d'une partie des satires de Perse et de celles de Juvénal, accompagnée de remarques écrites de la main de Boileau sur un exemplaire des satires de ces deux poëtes latins.

On conçoit quelle joie attendrait les lecteurs s'ils pouvaient suivre, dans une traduction faite à l'âge où Boileau avait à peine cessé d'être écolier, les études de notre satirique.

Malheureusement ces illusions durèrent peu. Daunou étudia les deux volumes mis au jour par M. Sa philosophie achevée en , Boileau dut, selon les justes rectifications de M. Berriat-Saint-Prix, suivre un cours de théologie plutôt que se diriger vers le barreau, comme l'ont dit tous ses biographes. C'était sa voie naturelle. Ses parents, l'ayant destiné à l'Église, l'avaient fait tonsurer le 21 décembre , alors qu'il était élève de quatrième.

Quelques progrès qu'eût faits la raison, les études théologiques n'en restaient pas moins ce qu'elles étaient au temps de la scolastique. C'était encore un enseignement hérissé de définitions, de divisions, de syllogismes, de gloses et de commentaires. A-t-il pu faire autre chose que ce qu'il a fait?

Ses ouvrages auraient-ils pu être meilleurs? Sa volonté ne s'accomplit-elle pas toujours? Est-ce par sa volonté que le mal arrive? En quel sens peut-on dire qu'il a voulu sauver tous les hommes? Ajoutez à ces problèmes ardus de la métaphysique les discussions sur la morale rendues chaque jour plus subtiles et plus obscures par l'esprit dominant d'une compagnie célèbre.

Jugez de ce qu'il fallait être pour triompher dans ces luttes de la parole théologique, dans ces thèses dont l'abbé Morellet, un siècle plus tard, faisait encore sa plus assidue récréation. Je poussais toutes les objections avec beaucoup d'adresse. Son intelligence nette et droite se refusait aux artifices captieux de la scolastique.

Il appartenait à la race qui devait en finir le règne. Descartes avait déblayé de leurs longs embarras les sentiers de la philosophie, Pascal devait bientôt en faire autant pour la théologies 2. Ceux qui font de Boileau un étudiant de la Faculté de droit avant de s'être tourné vers l'Église disent que, loin de trouver, comme il l'avait cru d'abord, la Sorbonne aux antipodes du palais, il ne put soutenir longtemps les leçons d'un enseignement épineux et qu'il s'imagina que, pour suivre plus adroitement sa victime, la chicane n'avait fait que changer d'habit: Mémoires de l'abbé Morellet, t.

La subtilité n'en était pas le seul défaut, l'adulation y avait aussi sa place, elle y descendait parfois jusqu'à la bassesse, témoin cette thèse ridiculement scandaleuse dédiée au cardinal de Richelieu et qui avait cette devise Quis ut Deus?

La réponse à cette question était Richelius, dont les neuf lettres formaient le commencement des neuf propositions de la thèse. Cinquante ans plus tard, Bossuet osa porter ses plaintes au roi pour une thèse où ce prince était mis sans façon à côté de Dieu.

S'il avait été surpris et choqué de voir à la Sorbonne les points les plus importants du salut réduits à de creuses spéculations, obscurcis par un langage barbare, et soumis à des contestations éternelles, n les obliquités de la chicane ne convenoient pas davantage à ce que Desmaizeaux appelle sa candeur naturelle.

Il ne pouvoit s'accommoder d'une science qui roule sur des équivoques perpétuelles, et où l'on se trouve souvent obligé de revêtir le mensonge des caractères de la vérité, h Il acheva cependant ses études à la Faculté de droit, et le k décembre il fut reçu comme avocat au barreau de Paris.

De Boze et Racine racontent différemment l'issue de cette affaire, où parut le peu de goût de Despréaux pour son nouveau métier. D'Alembert rapporte, lui aussi, une petite aventure qui pourrait faire juger de son peu dégoût pour le métier de juris-consulte, s'il en était vraiment le héros.

Ce Dongois avait un arrêt à dresser dans une affaire importante. Il le composait avec enthousiasme en le dictant à Despréaux et le dictait avec emphase, bien satisfait de la sublimité de son ouvrage.

Outré d'indignation, le greffier renvoya Despréaux à son père, en plaignant ce père infortuné d'avoir un fils imbécile, et en l'assurant que ce jeune homme, sans émulation, sans ressort, et presque sans instinct, ne serait qu'un sot tout le reste de sa vie. Puymorin, en écrivant ce bel arrêt sous M. Peut-être, comme l'observe Daunou, lui en était-il autant arrivé à lui-même. Il fallait du reste que cette indifférence pour la belle rédaction d'un arrêt n'eût rien d'invraisemblable attribuée à Boileau, puisque J.

Racine et son fils le font tous les deux figurer dans cette aventure. Ces premiers essais rebutèrent le poëte et, prenant son parti, il alla, loin du palais, errer sur le Parnasse. Il avait alors un bénéfice; il en jouit pendant huit ou neuf ans. Despréaux, par de Boze. D'Alembert n'hésite pas à penser et à dire que ce fut une perte pour le barreau.

La pièce des Plaideurs n'est pas tout entière de l'invention de J. Comme à la comédie des Acadèmistes, de Saint-Évremond, et à l'Apologie du duc de Beau fort, du même auteur, chacun des convives avait fourni quelques traits. Furetière y avait contribué plus qu'un autre, son esprit satirique s'étant fait une sorte de lot des travers ou des vices des hommes de robe.

Il avait publié peu de temps avant les Plaideurs, une pièce remplie de termes de chicane que disent, en jouant à la boule des procureurs qui ne savent parler que leur langue. Va-t-elle un peu trop doux, c'est lors le pétitoire. Dandin, avec moins de fatigue pour le lecteur et plus de gaieté, mêle ainsi les termes du palais à tous les incidents de la vie, comme lorsqu'il dit à ceux qui veulent qu'il s'aille coucher. Boileau, qui ne dormait pas toujours chez les greffiers, y prit l'idée de la dispute entre Chicaneau et la comtesse.

C'était alors le ton des avocats au palais. Ni les druides, ni les arbres de Dodone n'étaient oubliés; à quoi l'autre. Mémoires de Tallemant, édit.

Il en coûta vingt écus à La Martellière pour supprimer cette épigramme. Science indiscrète, éloquence à la cicéronienne, érudition pédantesque, tels étaient les défauts des successeurs des Pasquier, des Gui-Coquille, des Arnauld, desMarion, des Versoris. Leurs devanciers, en leur transmettant d'honorables exemples, l'habitude et l'amour du savoir, leur avaient transmis des traditions moins irréprochables dans l'usage de la parole.

Les avocats en renom qui brillaient dans cette première moitié du xvii0 siècle n'avaient tous qu'un désir: Tels étaient les éloges que son éditeur prodiguait à Claude Gaultier. Ses plaidoyers, publiés par lui-même en , sont choquants par leur emphase et leur mauvais goût. Le style de ses plaidoyers, dit M. Demogeot, n'est guère plus mauvais. Gaultier aime le vague dans l'emphase; il lance 1. Mémoires de Tallemaut t. D'autres font plus d'étalage de l'érudition classique; Gaultier aime la physique, l'histoire naturelle, l'astronomie surtout.

Mais c'est seulement dans la forte élévation du midi qu'il y a fort peu d'ombre et point de vent suit une citation en grec ; sitôt qu'il vient à décliner autre citation en grec , il sépare l'air de la terre, et produit les vents qui soufflent et qui refroidissent. Ici, nous en ressentons trop visiblement les effets. Cette vive ardeur de l'amour du sang est un soleil qui baisse, dont les rayons, écartés par le souffle furieux des vents de ces passions dangereuses du profit et de l'intérêt, vont à nous diminuer la substance des corps, et ne laisser que la figure des ombres.

Ainsi, dans l'affoiblissement de la chaleur naturelle, ce petit enfant vient s'exposer aux rayons du soleil de la justice, qui luit toujours en plein midi, et, tenant le milieu de son élévation, chasse les vents et dissipe les ombres. Tout ce mauvais goût venait du siècle précédent et il fallait une. Les plus célèbres avocats, ceux même dont l'âme avait le plus d'élévation, ne dédaignaient pas assez cette mauvaise rhétorique.

Ainsi Antoine Le Maître, le futur solitaire dé Port-Royal, ne devait sa grande réputation au barreau qu'à des beautés égales à celles dont Gaultier émaillait ses plaidoyers. Il ne faudrait le juger ni d'après les éloges des hommes de son temps, ni d'après les citations arrangées et refondues de Marmontel. Personne n'avait encore ouvert les yeux sur cet abus de la parole.

La grand'chambre était trop étroite pour contenir tous les auditeurs. Éléments de littérature article Barreau. Mars et Vénus interviennent dans la cause d'une servante séduite par le fils d'un serrurier. Par ce mot des. Tant il était difficile de rompre avec les mauvaises traditions et de fonder la bonne prose! Il fallait attendre Patru et même Pellisson. Quoique hors du palais, Boileau y fit pénétrer enfin les habitudes de justesse et de bon sens que ses exemples et ses préceptes ont accrédités autour de lui.

Au milieu de ces différentes études, Despréaux laissait échapper de temps à autre quelques vers. C'étaient les faibles indices d'un talent qui devait se développer avec les années. A l'âge de dix-sept ans, en , il rimait une énigme dont il donnait plus tard le mot à deviner à Brossette. Il appelle ce petit poëme son premier ouvrage. Il paraît qu'il l'avait composée dans une maison que son père possédait au pied de Montmartre, à Clignancourt.

Je vous l'envoie afin que vous l'examiniez à la rigueur; mais pour me venger de votre sévérité, je ne vous dirai le mot de l'énigme qu'à la première fois que je vous récrirai, afin de me venger de la peine que vous me ferez en la censurant, par la peine que vous aurez à la deviner.

Tout ce que je puis vous dire par avance, c'est que j'ai tâché de répondre par la magnificence de mes paroles à la grandeur du monstre que je voulois exprimer.

Si les premiers vers qui échappent à un poëte décidaient à jamais de son caractère et de sa vie, Boileau aurait été un rival des Chapelle, des l,afare ou des Chaulieu dans l'art de célébrer le vin et la bonne chère. Au sortir de son cours de philosophie, il s'écriait dans une sorte d'élan bachique. Une nouvelle chanson, sur le même sujet, sortit encore de la plume du poëte. On aime à trouver dans ces vers la haine naissante pour les fades lamentations des héros de roman, on y sent pour la première fois le futur ennemi des Iris en l'air, des métaphores forcées de malheureux qui ne savent que bénir leur chaîne et mourir tout en se portant bien; mais on ne saurait là encore voir un goût impérieux chez Boileau pour le vin.

Un accès de fièvre, un refrain du Savoyard, fameux chanteur du Pont-Neuf, dont notre poëte se disait plaisamment le continuateur, les. On aurait de la peine à croire que Despréaux ait jamais fourni quelques vers aux faiseurs de Recueils qui, du temps de sa jeunesse, se plaisaient à rassembler des pièces où les beaux sentiments étaient poussés avec art.

On sait combien il les a décrédités par ses salutaires railleries. Les Montres ou les Miroirs d'amour ont pris fin dès qu'il eut publié ses premières satires. Et pourtant, il est bien vrai qu'il figure dans deux ouvrages de cette nature.

Le titre seul est des plus plaisants quand on le rapproche du nom de Boileau. Dans un recueil intitulé Les Délices de la poésie galante des plus célèbres auteurs dit temps,1 au tome II des Sentiments d'amour tirés des poêles,1 on lit un Sonnet sur la mort d'une parente, dont l'auteur est Boileau lui-même.

Mandez-moi si vous le reconnoissez pour votre ouvrage , la vérité est que je le fis presque à la sortie du collège, pour une de mes nièces, environ du même âge que moi, et qui mourut entFe les mains d'un charlatan de la Faculté de médecine âgée de dix-huit ans. Je ne le donnai alors à personne, et je ne sais pas par quelle fatalité il vous est 1. Pages et du recueil intitulé Les Délices de la poésie galante des plus célèbres auteurs du temps, in, de 'i83 pages, Paris, Ribou, Page du t.

Les vers en sont assez bien tournés, et je ne le désavouerois pas même encore aujourd'hui, n'étoit une certaine tendresse tirant à l'amour qui y est marquée, qui ne convient point à un oncle pour sa nièce, et qui y convient d'autant moins que jamais amitié ne fut plus pure, ni plus innocente que la nôtre. C'est pour réparer cette faute, et pour montrer qu'on peut parler en vers, même de l'amitié enfantine, que j'ai composé, il y a quinze ou seize ans, le seul sonnet qui est dans mes ouvrages et qui commence par Nourri dès le berceau, etc.

Vous voilà, je crois, monsieur, bien éclairci. Boileau apprécie avec trop de scrupule les sentiments qu'il avait alors pour l'objet de ses tendres amours. A l'âge où ils étaient l'un et l'autre, un oncle pourrait aimer sans crime une nièce; mais il a bien raison, il sacrifiait à la mode de ne parler que d'amour dans les vers, plutôt qu'il n'obéissait à quelque violente passion. Quoique les vers soient assez bien tournés, comme il s'en donne à lui-même l'éloge, ils ne se distinguaient pas encore de ceux qu'il a plus tard accusés de froideur langoureuse.

Despréaux n'avait pas reçu du ciel le don de la sensibilité il chantait l'amour avec aussi peu d'entraînement que le vin. Il n'a pas mieux réussi dans le second sonnet ou il croyait avoir mis toute la tendresse possible.

La flamme criminelle qui brûlait dans le premier devait être expiée; c'était un. La faute ne valait pas la pénitence et la pénitence ne valait pas grand'chose. Moins que personne en son temps, Boileau n'eut le talent de l'ode.

Plus peut-être encore que tous ses contemporains, il manquait de cette vivacité d'imagination qui fait les grands poëtes lyriques. Il faut une âme de feu pour réussir en ce genre. La raison froide et sévère en semble bannie, et Boileau vaut surtout par la sagesse de sa raison. Faire une ode pour défendre Pindare, diffamé et maltraité par Perrault, c'était une entreprise téméraire autant qu'inutile.

Le sentiment patriotique qui l'anima une première fois contre les Anglais en ne l'inspira pas mieux que son admiration pour Pindare. Le bruit s'était répandu que Cromwell nous menaçait de ses armes. Déjà les imaginations alarmées voyaient la France envahie par ses anciens et redoutables ennemis.

Boileau s'anime, sa verve s'échauffe, il maudit les projets funestes d'un peuple au comble de l'orgueil, qui veut maîtriser tout l'univers Et croit que l'Europe étonnée. Que les Anglais à leur tour se souviennent de l'humble bergère qui renversa tous leurs bataillons qu'ils se rappellent que leurs corps, pourris dans nos plaines, n'ont fait qu'engraisser nos sillons. Mazarin ne crut pas devoir suivre les conseils du poëte. Il se fiait moins sans doute au secours imprévu d'une autre Jeanne Darc qu'aux adroites menées de la politique.

Foulant aux pieds les scrupules royalistes, comme son prédécesseur les scrupules religieux,' il laissa s'exhaler en l'air les invectives de Despréaux. Il ne crut pas que nous dussions venger la querelle des rois, ni que le ciel nous fît un devoir de punir un peuple aveugle en son crime, qui avait fait du trône un théâtre affreux il négocia avec Cromwell, il s'allia avec lui contre l'Espagne. La Jamaïque enlevée aux Espagnols, les galions de Cadix brûlés, la ville de Dunkerque assiégée par terre et par mer, la.

On peut douter que les transports belliqueux de Boileau, s'ils eussent été suivis, eussent amené de si brillants avantages. Mais peut-on demander à un poëte de vingt ans la maturité d'un ministre rompu aux affaires? Tout frais émoulu du collège, impatient d'écrire et plein des souvenirs d'Horace, de Virgile et de Tibulle qu'un élève studieux apprend à enchâsser dans ses vers latins, Boileau lit quelques épigrammes latines.

La malice n'y est pas très-vive, ni la foi très-ferme dans la valeur de ce genre d'écrire. Boileau pouvait être aussi grand latin, comme on disait alors, qu'aucun autre de ses condisciples mais déjà s'était formée dans son jugement l'opinion qu'il exposera plus tard dans d'autres écrits ou dans ses lettres. Celui que j'attaque dans la première de ces épigrammes étoit un jeune avocat, fils d'un huissier, nommé Herbinot.

Cet avocat est mort conseiller de la Cour des Ajdes. Son père étoit fort riche, et le fils assurément n'a pas mangé son bien, car il passoit pour grand ménager. A l'égard de l'autre épigramme, elle regarde M. Il étoit alors dans la folie. J'en fis donc, et il les lui montra mais comme c'étoit la première fois que je m'étois exercé dans ce genre de vers, ils ne furent pas trouvés fort bons et ils ne l'étoient pas en effet. Si bien que dans le dépit où j'étois d'avoir si mal réussi, je composai l'épigramme dont est question, et.

Cette tentative d'un écolier à qui l'on accorde le mérite d'avoir bien profité de ses études s'arrêta heureusement là. Le temps des vers latins était passé. Ce reste du pédantisme de l'âge précédent devait s'évanouir devant la poésie chaque jour plus brillante durègnede Louis XIV. Cependant des hommes de collége cultivèrent encore ce talent équivoque. Bon nombre des pièces de Boileau furent traduites en vers latins, soit à Paris, soit à Lyon.

L'auteur des satires ne se montra point insensible ces hommages. Il en est charmé, on le croira sans peine. Les louanges se font goûter en quelque langue qu'on les donne. Boileau s'abandonnait donc au plaisir d'être loué, sans.

V" préface ou avis mis dans l'édition de 10! Il ne revint plus luimême aux vers latins, si ce n'est pour en proscrire l'usage. Il lui paraissait difficile d'éviter d'y parler français. Comme Brossette lui en avait envoyé d'un des plus illustres académiciens de Lyon, il lui proposait d'agiterdans son académie la question suivante Si on peut bien écrire en une langue morte?

Il rappelait qu'il avait commencé autrefois sur cette question un dialogue assez plaisant. Comment savoir en quelles occasions, dans le latin, le substantif doit passer devant l'adjectif, ou l'adjectif devant le substantif? Cependant imaginez-vous quelle absurdité ce seroit en francois de dire mon neuf habit au lieu de mon habit neuf, ou mon blanc bonnet au lieu de mon bonnet blanc, quoique le proverbe dise que c'est la môme chose?

Tels furent les premiers essais de Boileau-; partagé entre 1. Cet ouvrage est de Lettres à Brossette, G octobre Voir la réponse de Brossette, 20 octobre Ses hymnes sont chantées dans l'église. Comme je n'ai point vécu chez Mécène entre Ilorace et Virgile, j'ignore si ces hymnes sont aussi bonnes qu'on le dit; si, par exemple, Orbis redemptor, nunc redemptus, n'est pas un jeu de mots puéril.

Je me défie beaucoup des vers modernes latins. Et puto tam viles despicis indo togas. Le parlement, qui, après avoir mis à prix la tête du cardinal, l'avait complimenté, se crut désigné par ce vers et voulait sévir contre l'auteur; mais Ménage prouva au parlement que toga signifiait un habit de cour.

Il se donnait ce délassement à ses heures de loisir et sans doute aussi cette consolation dans les ennuis dont le logis paternel était rempli pour lui. C'était le temps où il logeait dans une guérite au-dessus du grenier.

Ces trois frères s'appelaient Jacques, Boileau de Puymorin et Gilles. Réimprimé il y a quelques années à Paris, il a reparu chez les libraires avec autant de scandale et aussi peu de fruit qu'autrefois. L'abbé Boileau avait soin d'écrire ses traités en latin, de peur, disait-il, que les évêques ne le condamnassent.

C'était un diseur de bons mots, hardi et prompt à la réplique. Peu délicat sur la forme de la plaisanterie pourvu qu'elle fit rire les auditeurs, ou déconcertât l'adversaire, il y employait les mots les plus vifs ou les plus crus.

Comme son frère Nicolas, il n'aimait pas les jésuites et il les définissait des gens qui allongent le symbole et accourcissent le décalogue. Se trouvant un jour avec plusieurs jésuites, il les entendait tourner en ridicule les solitaires de Pert-Royal, qui s'occupaient, disaient ces pères, à faire de mauvais souliers par pénitence. Il ne manquait pas plus de présence d'esprit que de malice. Comme doyen du chapitre de Sens, il fut chargé de haranguer le célèbre prince de Condé, qui passait par la ville.

Ce grand capitaine aimait à voir les orateurs déconcertés en sa présence. Homme d'Église, il n'avait ni le ton ni la décence de son état, mais l'esprit ne l'abandonnait pas un instant. Parfois il y 1. Rousseau, Lettre à M. Il avait prouvé dans un livre écrit en latin, selon son usage, qu'il n'était pas moins défendu aux ecclésiastiques de porter des habits longs que des habits courts; en conséquence, il allait à pied dans les rues, vêtu d'un habit ecclésiastique qui n'était ni long ni court.

Plaisanterie, ajoute d'Alombert, trop peu décente en matière si grave, mais dont nous avons pour garant le sage abbé d'Olivet, qui nous a appris cette anecdote. Ce même homme, qui aimait à paraître singulier en tout, disputant à une thèse de philosophie- que soutenait au collége de Beauvais le fils du ministre Claude, donna au père, qui était présent et qui jouissait d'une grande réputation dans sa secte, le titre d' Ulustrissimus Ecclesixjtrinceps, comme s'il eût parlé d'un évêque.

On en murmura hautement dans l'assemblée et le docteur fut obligé de donner par écrit une rétractation que la Sorbonne fit imprimer. D'Alembert ne veut voir dans ce trait que la bizarrerie ordinaire de l'abbé Boileau; n'y aurait-il pas quelque chose de plus, un peu de ce courage qui fit dire à Despréaux, son frère, tant de franches paroles, au risque de déplaire à Louis XIV lui-même? Au reste, on peut bien reconnaître, dans ce que nous venons de rapporter, un digne frère de Despréaux. Les écrits ultérieurs du poëte font voir que, pour avoir été plus lent à montrer son esprit, Nicolas n'en était pas dépourvu.

Jacques nous offre encore le type de ces bourgeois du xvne siècle, narquois, caustiques, courageux et bizarres, dont on trouve le modèle achevé dans Guy Patin. Ce qu'il y avait d'extraordinaire dans les habitudes du docteur de Sorbonne ne nuisit pas à sa réputation d'homme savant. Nous savons par la correspondance du poëte comment Racine, au Quesnoy, pendant les embarras d'une expédition militaire, prit en main la cause du doyen de Sens.

Il parla de lui au père de La Chaise, qui se déclara l'ami du poëte et de sa famille. De'si bonnes protections eurent l'effet qu'on en devait attendre, et le même jour, ou tout au plus le lendemain de la première lettre de Racine, le doyen de Sens. Si Nicolas, dans sa jeunesse, avait eu quelquefois à se plaindre de Jacques, son frère, il avait oublié ces tracasseries inévitables dans une nombreuse famille.

Jacques Boileau était né le 18 mars , il mourut le 1er août Pierre Boileau, sieur de Puymorin, intendant et contrôleur général de l'argenterie, des menus plaisirs et affaires du roi, avait onze ans de plus que Despréaux. Comme le chanoine de la Sainte-Chapelle, il avait beaucoup d'esprit et de plus il était très-aimable dans la société. Il aurait pu réussir dans les lettres, mais il les négligea pour le plaisir.

On a de lui un bon mot 1. Vie de Boileau, par Dcsmaizeaux, p. Chapelain était destiné à beaucoup souffrir de cette famille. Un jour qu'il était avec quelques amis, ils convinrent que le premier qui mourrait viendrait donner aux autres de ses nouvelles. L'un d'eux étant mort quelque temps après, Puymorin crut qu'il lui était apparu pendant la nuit, et tomba dans une mélancolie qui le conduisit au tombeau.

Funeste effet d'une imagination trop prompte à se frapper! Si ce fait est vrai, Puymorin n'est pas la première victime d'une si triste illusion. Né en , reçu avocat au parlement de Paris, il fut plus tard intendant des menus plaisirs et payeur des rentes, ce qui lui fit donner le surnom de rentier.

En il donna la Vie d'Épictète et son Enchiridion ou Manuel de sa philosophie, avec le Tableau de Cébès, traduits du grec en français. Bayle a fait l'éloge de ce travail; il assure que cette Vie d'Épictète est la plus ample et la plus exacte qu'il ait vue, et que l'érudition et la critique y sont répandues habilement.

Il parle aussi d'une manière avantageuse de la traduction du Manuel d'Èpict'ete. Il ne parait pas cependant qu'il fût bien connu avant sa querelle avec Ménage et Costar.

Il y gagna de la réputation, car il s'attaquait, dans la personne du premier, à un homme dont on redoutait la malice et qu'on aimait mieux compter parmi ses amis que parmi ses ennemis. D'humeur assez indépendante, railleur, vantard assez estimé pour son savoir, Ménage jouait alors une sorte de personnage. C'était un bel esprit à la mode. Il avait choisi le mercredi pour le jour de ses réunions. Dkshaizemjx, Vie de Boileau, p. Victor Cousin, Histoire de la Société polie au xvne siècle, t.

Il fit plus encore, il se mit à le traduire en italien, et supposa qu'en feuilletant lesRimes diuerses du Tasse, dans la célèbre bibliothèque des de Thou, il y avait trouvé ce madrigal qui, paraissant indubitablement l'original du madrigal français, accusait de plagiat le pauvre Raincy. Celui-ci, tout étourdi de cette apparition inattendue, jura ses grands dieux qu'il n'avait pas eu la moindre connaissance du madrigal du Tasse et qu'il n'en avait jamais rien lu que la Jérusalem et l'Aminte.

Ménage poussa la malice jusqu'à soumettre les trois madrigaux au jugement des beaux esprits qu'il réunissait chez lui tous les mercredis. C'est de Despréaux sans doute que veut parler l'auteur des historiettes, car Gilles fut toujours un ami du chantre de la Pucelle. Son amitié fut moins constante avec Ménage.

Celui-ci venait de faire paraître l'églogue intitulée Christine. C'était l'éloge de la reine de Suède, qui, libre des embarras d'une couronne à laquelle elle renonçait, venait de faire à Paris sa fameuse visite. L'églogue de Ménage, écrite d'un ton emphatique, prêtait certainement à la satire.

Les pensées y étaient communes, le langage prétentieux et les vers bourrés de chevilles ou d'expressions insignifiantes et banales. Qu'on en juge par cet éloge de 1. C'est ce qu'on lit autour d'un portrait de Ménage gravé par Nanteuil. Vous ferez bien mieux, lui dit Nanteuil, de m'en envoyer 10 que vous me devez de reste de votre portrait.

Cela le mortifia un peu. La satire de Boileau courut d'abord sans nom d'auteur, mal imprimée et pleine de fautes. Ménage, qui l'avait vue, à ce qu'il disait, ne savait de qui elle était. Il ne tarda pas à l'apprendre et la colère le saisit. En effet, qu'y avoit-il à dire contre un garçon qu'on ne connoissoit point encore? Et pour la critique, c'eût été une chose pitoyable et que personne n'eût lue. Toutefois Ménage trouva un défenseur dans un certain Le Bret, qui allait à son académie.

Gilles Boileau commençait son Avis par des précautions et des politesses qui ne manquaient pas de malice. Il abordait ensuite l'examen de l'églogue, le titre ne lui en semblait pas bien juste.

Car, outre que Ménalque en est le principal personnage, il s'agit particulièrement de son départ, et il y est pour le moins autant loué que la reine de Suède. Après cette première atteinte, Boileau redoublait ses coups et, par un procédé que son frère emploiera souvent contre les mauvais écrivains, il louait dans l'églogue du poëte précisément des qualités qui pouvaient passer pour défauts signalés.

Un poëte peut manquer de discernement et de goût, mais si l'honneur reste à l'abri des traits de la critique, le mal assurément est moindre. Gilles Boileau avait trop de causticité dans l'esprit pour ménager son adversaire sur la question délicate des emprunts, sur ce qu'il appelle l'art de dérober les autres. Tous les contemporains de Ménage savaient jusqu'où le poëte avait poussé cet art.

Ses larcins étaient fameux. Ses tendres sentiments pour Mlle de Lavergne, plus tard Mme de Lafayette, avaient donné lieu à des médisants de jouer dans une épigramme latine sur ce nom de Laverna, qui, chez les Romains, désignait la déesse des voleurs.

Boileau ne l'épargne pas à son tour. Si d'autres lui ont ravi les plumes qu'il enleva à Catulle, à Tibulle, à Properce à Virgile, à Ovide, il ne veut rien lui laisser de ce qu'il a pris aux modernes. Car vous m'avouerez que si M. Chapelain y avoient pris ce qui leur appartient, il y'resteroit très-peu de chose. Tant vous savez bien, monsieur, l'art de mêler les styles différents et de joindre les pensées de divers auteurs ensemble.

Une pareille accusation a besoin de preuves Gilles Boileau ne les faisait pas attendre à son lecteur. Nous extrairons quelques-uns de ces vers dont Ménage avait dépouillé ses contemporains.

Voici comment l'auteur de l'Avis les présente. Christine Berger, quel bruit étrange a frappé mon oreille? Christine Des rivières de sang, des montagnes de morts. Des rivières de sang, des montagnes de morts. Christine Rampe notre lierre au pied de tes lauriers. Il était difficile à Ménage d'échapper à l'accusation de plagiat. La querelle menaçait de dégénérer en une sorte de guerre civile parmi les gens de lettres, les uns prenant parti pour Boileau, les autres pour Ménage.

Le premier président Bellièvre était pour le satirique, il avait à se venger de fauteur de l'églogue qui avait mis M. Servien sur la même ligne que lui. Pellisson s'avouait le défenseur de Ménage; Chapelain essayait de tenir la balance entre eux deux pour éviter de se faire des ennemis. Patru, qui ne trouvait point avantageux à des auteurs de se déchirer pour amuser les railleurs, entreprit d'assoupir cette affaire. Il considérait que Gilles Boileau était bien capable de faire pis dans une seconde édition.

Il inclinait pour une réconciliation complète, et comme on repoussait ses exhortations, il disait: C'était, dit Tallemant, un enfariné du temps. La seconde impression de l'Avis renchérissait sur la première. Boileau y avait ajouté quelques traits sur la galanterie de Ménage et une épigramme assez maligne. Boileau en fut piqué et ne le laissa pas sans réplique. Voici comment il en sut profiter. Une autre addition faite à l'Avis tombait sur un des amis de Ménage, sur Costar.

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